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Aisa Amittu, Campement inuit, 2006, stéatite, 3 x 14 x 8 pouces

Aisa Amittu commença à sculpter alors qu’il était âgé d’une dizaine d’année, avec son père, le maître-sculpteur Davidialuk Allaasuaq Amittuq. À cette époque, il sculptait déjà la stéatite (ou la pierre à savon, dans le langage populaire) pour représenter les mythes de la tradition orale inuit transmis par son père. Le style d’Aisa Amittu reste influencé par celui de son père. Aisa Amittu est originaire de Puvirnituq au Nunavik (province du Québec) où il vit et travaille.

La sculpture ci-dessus représente un campement hivernal tel que les Inuit les occupaient, avant qu’ils ne deviennent sédentaires à partir des années 1950. Autrefois, ces campements réunissaient plusieurs igluit (un iglu au singulier), c’est-à-dire des maisons de neige qui étaient occupées par un petit nombre de familles. En été, les familles habitaient des maisons de pierres (qarmait) ou des tentes en peaux (tupiit) selon les régions. À cette époque, les Inuit étaient nomades et se déplaçaient en fonction du gibier (en particulier les caribous et les mammifères marins).

Chacun des igluit est doté d’une sorte de tunnel, avec un muret de protection à l’entrée, ainsi que d’un ou deux porches (tuqsu). Ces différentes parties intermédiaires de l’iglu servaient à isoler le dôme principal (celui qui était habité) en conservant sa chaleur. Elles étaient également utilisées pour ranger les vêtements et les bottes, le matériel et conserver la nourriture à l’abri des prédateurs.

Autour des habitations ont été érigées des caches à viande : un empilement de pierre permet de protéger la nourriture des prédateurs. L’iglu le plus grand est appelé qaggiq : il s’agit d’un espace public réservé aux rassemblements festifs et cérémoniels. Nous voyons également deux qamutiik (traîneaux à chiens) utilisés pour la chasse, ainsi que le transport de personnes et de matériels.

Une aînée de Kinngait (Cape Dorset, Nunavut), Uqsuralik Ottokie, se souvient de cette époque, alors qu’elle n’était qu’une petite fille :

Quand j’étais petite, nous jouions à différents jeux dans l’iglu, y compris à la poupée. Nous demandions à d’autres fillettes de venir et nous jouions à la poupée pendant des heures. Nous allions jouer tour à tour dans différents igluit. Nous avions l’habitude de jouer le soir. Nous jouions parfois à la poupée dehors, dans un endroit abrité. Pendant l’été, nous aimions bien jouer avec des poupées de bois. Parfois, nos poupées étaient faites d’ivoire, mais le plus souvent elles étaient en bois. Nous jouions beaucoup avec ces poupées. Une fois, une petite poupée était à l’article de la mort et nous étions en deuil, et tout semblait si réel. Ma poupée était mon enfant adoptif. Elle est morte et nous lui avons fait des funérailles. Après, nous avons eu peur. Nous avions vraiment peur d’une petite poupée, de sa tombe en particulier, et nous ne voulions même plus aller là où elle était enterrée. Nous avions fait semblant d’enterrer la petite poupée. Nous avions si peur que nous ne pouvions plus aller là-bas. Nous avons joué une seule fois comme ça. C’était bête. (Source : http://www.traditional-knowledge.ca/francais/chapitre-9-49.html)

Liens :

Vers la sculpture : http://www.inuitartzone.com/product_p/604.htm

Vers la culture inuit : http://www.traditional-knowledge.ca/francais/chapitre-9-49.html

Vers un film évoquant la construction d’un qaggiq : http://www.isuma.tv/lo/fr/isuma-productions/qaggiq-gathering-place

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