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Les ours blancs – nanuit en inuktitut (nanuq au singulier) – sont omniprésents dans la culture et le quotidien inuit, autrefois comme aujourd’hui. Il n’est donc pas surprenant que l’ours soit un sujet de prédilection pour les artistes dans tous les domaines comme la sculpture et les arts graphiques.

 

Qui a vu des sculptures inuit contemporaines se représente aussitôt un ours blanc…. Un ours dansant, dites-vous ? Effectivement, les représentations artistiques d’ours dansants séduisent les Qallunaat, mais il s’agit d’un sujet largement répandu pour répondre à la demande du marché. Habituellement, les ours marchent sur la glace, nagent ou chassent les phoques mais ils ne dansent pas….

 

« Nanunnguaq » disent les Inuit pour parler des représentations artistiques d’ours : cela peut être traduit par « copie miniature ou réplique d’un ours blanc » en référence à la réalité. Les artistes qui sculptent ou dessinent des ours le font selon leur propre expérience, car ils sont aussi chasseurs. Ils connaissent très bien les ours blancs pour les avoir longtemps observés avec attention ; c’est pourquoi ils parviennent à représenter leur corps et leurs mouvements avec autant de réalisme et d’exactitude.

 

L’ours blanc n’est pas un sujet artistique anodin. Considéré par les Inuit comme un objet de convoitise et une source de prestige, l’ours est l’animal qui ressemble le plus aux Inuit ; il se place au sommet de la hiérarchie animale. Comme un Inuk, l’ours blanc est un prédateur, ce qui implique des rapports de rivalité et de compétition : ils chassent tous deux le même gibier et représentent une menace réciproque.

 

A la fois un mammifère marin et terrestre, l’ours est rusé et puissant, à l’aise dans l’eau comme sur terre. On dit que les hommes imitent la façon de chasser de l’ours blanc.  Il n’est pas rare de le trouver à proximité des villages alors qu’il cherche de la nourriture et sa force inspire la crainte et le respect. « Lorsqu’ils sont affamés, les ours blancs n’ont pas peur. Quand ils n’ont pas faim, ils craignent les hommes » a écrit Taamusi Qumaq (Sivulitta piusituqangit, 1988)

 

Par conséquent, il n’est pas étonnant que l’ours blanc soit aussi présent dans la cosmologie inuit. Il apparaît comme l’une des sources principales de pouvoir chamanique en se plaçant entre les puissances invisibles et la société inuit. Ainsi, les chamanes utilisaient souvent des amulettes d’os ou d’ivoire représentant des ours blancs.

Aujourd’hui, l’ours blanc est l’un des sujets les plus représentés par les artistes inuit, s’inscrivant ainsi dans la tradition.

 

Référence :

RANDA, Vladimir, 1986, L’ours polaire et les Inuit, Paris : Sélaf.

 

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