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Mon nom est Sakkariasi Tukkiapik; mon numéro de disque est le E8-719. J’ai commencé à écrire les légendes qui suivent le 28 mars 1968. J’apprécie beaucoup avoir un cahier de notes pour écrire ces histoires. Mon problème, c’est que j’ai oublié certaines des légendes que je connaissais, mais je vais faire de mon mieux pour m’en souvenir.

 

Voici l’histoire d’un homme qui était marié à une oie. Un jour d’été, alors qu’il longeait la rive d’un lac, un homme aperçut tout à coup de nombreuses oies à forme humaine. Elles nageaient dans le lac, tandis que leur plumage séchait sur la rive. L’homme se mit à l’affût et prit à la dérobée le plumage d’une femelle et celui de son oisillon.

 

Constatant qu’elles étaient observées, les oies à forme humaine tressaillirent. Elles se précipitèrent sur la rive, empoignèrent leur plumage, se transformèrent en oiseaux, puis s’éparpillèrent en vol. L’oie dont l’homme avait volé le plumage ne pouvait pas se transformer en oiseau. Elle pleura et le supplia de lui rendre son plumage. L’homme lui répondit : « Seulement si tu deviens ma femme… ». Comme elle ne pouvait pas se transformer en oiseau, elle accepta de devenir sa femme. Son oisillon était dans la même situation.

 

Vint un jour où la femme eut un enfant de son mari. Elle avait aussi une belle-mère. La femme-oiseau cuisinait les repas, mais elle mêlait toujours un peu d’herbe à la nourriture, car tout au fond de son être, elle était toujours une oie, même si on ne lui permettait pas de reprendre son plumage.

Excédée de manger de la nourriture au goût d’herbe, sa belle-mère lui dit : « J’aimerais bien manger de la nourriture qui n’ait pas le goût d’herbe pour changer ».

 

Sa belle-fille, la femme-oie, avait maintenant deux enfants. Elle leur ordonna d’aller chercher des plumes le long de la rive. Quand ils rapportèrent les plumes, la femme-oie fabriqua des ailes en coinçant les plumes entre ses doigts et ceux de ses enfants. Ils se transformèrent tous en oies et s’envolèrent. La femme-oie en avait assez de se faire critiquer parce qu’elle ajoutait de l’herbe à la nourriture. Elle abandonna son mari ; c’était un être humain qui ne pouvait pas voler comme le font les oies. […]

 

 

Référence :

TUKKIAPIK, Sakkariasi, 1995, « L’homme qui était marié à une oie », Tumivut, no 6, p. 17-18.

 

 

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