Mots-clefs

, , , ,

En dépit des effets de la christianisation, la tradition liée au chamanisme (angakkuuniq en inuktitut) perdure, mais avec des ajustements. Si les Inuit sont aujourd’hui anglicans, catholiques ou pentecôtistes, beaucoup croient toujours au chamanisme : « nous croyons en ces deux systèmes » disent les aînés en Arctique canadien.

 

Les animaux et les humains

Autrefois, les animaux constituaient une source essentielle de nourriture, de combustible et de vêtements. Il n’est donc pas surprenant que la cosmologie inuit insiste sur la nature réciproque des relations entre humains et animaux. On disait que les animaux se livraient d’eux-mêmes aux chasseurs qui leur plaisaient.

 

Les animaux et les humains possèdent tous deux une entité spirituelle (tarniq), mais les animaux servent de nourriture aux hommes et n’ont pas de nom (atiq) : c’est ce qui les différencie. Seuls les chiens ont un statut particulier, puisqu’ils disposent d’un nom et partagent l’esprit (inua) de leur propriétaire.

 

Silajjuaq, « l’univers »

Les sociétés inuit sont traditionnellement animistes, comme la plupart des cultures autochtones. Selon la pensée inuit, l’univers (silajjuaq) est occupé par les êtres vivants (humains, animaux, végétaux), les défunts et les esprits (tuurnngait) qui occupent chacun des mondes différents mais inter-pénétrants. Tout être vivant est pourvu d’un anirniq «respiration, souffle vital» qui, à la mort du sujet, intègre un nouveau corps animal ou humain. La conception du monde inuit représente un continuum, où chaque élément fait partie d‘un tout.

 

Rachel Attituq Qitsualik, écrivaine inuit, explique : « Le cosmos inuit n’est régi par personne. Il n’y a pas de figures divines maternelles ou paternelles. Il n’y a pas de dieux du vent ou des créateurs du Soleil. Il n’y a pas de punitions éternelles dans l’au-delà, tout comme il n’y a pas de punition pour les enfants ou adultes ici, aujourd’hui. »

 

Le chamanisme

Le chamane sert d’intermédiaire entre ces différents mondes et en maintient l’équilibre. Il peut être aidé par des esprits auxiliaires protecteurs – les tuurnngait – pour réaliser cette tâche ; ils lui procurent force et pouvoir. « Oui, bien sûr qu’il y a encore des chamanes. Il y en aura jusqu’à la fin des temps. » répondait un aîné interrogé par des jeunes au Nunavut Arctic College à Iqaluit.

 

C’est lorsque le chamane voyage d’un monde à l’autre, entrant ainsi en communication avec le monde des défunts ou des esprits qu’il peut changer d’apparence et être à la fois humain et animal… Il s’agit alors de ce qu’on appelle la « transformation du chamane ». Ce thème est fréquemment représenté dans l’art contemporain, en sculpture avec par exemples Tukiki Mannomee, Alasua Sharky comme en arts graphiques avec notamment Simon Tookoomee et Noah Maniapik par exemples.

 

Référence Internet :

À l’écoute de notre passé/Sivullittinnik naalanniq/Listening our past : http://www.tradition-orale.ca/francais/cosmologie-chamanisme-inuit-b24.html

Publicités